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L’eldorado chinois du traitement de l’eau et des déchets

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► L’eau, une ressource précieuse
 
Le marché de l’eau représente 157 milliards de dollars et devrait atteindre 280 milliards d’ici la fin de la décennie. D’après National Geographic, 70% de la surface de la Terre est recouverte d’eau. L’eau douce potable n’en représente que 2,5%. Sachant que les glaciers en regroupent à eux seuls 1,5%, il reste 1% pour contenter plus de 7 milliards d’habitants. Le président de Nestlé est convaincu que nous connaîtrons une pénurie d’eau potable avant de connaître une pénurie de pétrole : « We will run out of safe, clean water before we run out of oil ». Par ailleurs, il reste convaincu que les entreprises du secteur privé sont les mieux placées pour préserver les ressources d’eau douce, consommer plus intelligemment et gérer plus efficacement les réseaux et usines de traitement des eaux.
 
 
►„ Un contexte chinois favorable
 
Depuis 2012, la Chine a déclaré la guerre à la pollution et a investi 3,7 trilliards de yuans.
Les secteurs concernés regroupent :
· L’eau et les réseaux de distribution d’eau,
· La dépollution de l’air,
· L’assainissement du sol,
· Le recyclage et le traitement des déchets,
· Le traitement des boues.
 
En Chine, 61,5% des nappes phréatiques et 28,8% des rivières principales sont souillées et classées "non adapté[es] au contact humain", cette contamination provenant de l’industrialisation et l’agriculture à outrance. Tandis que la Chine représente 20% de la population mondiale, elle détient uniquement 7% des ressources d’eau potable de la planète bleue. Compte tenu du caractère d’urgence, elle possède désormais le second plus grand réseau de traitement des eaux usées et compte près de 3 340 usines de traitement (en 2012).
En décembre 2016, le pays a promulgué une loi instituant sa première taxe en matière de protection environnementale. Elle sera applicable à partir de 2018. Cette loi impose une taxe aux entités émettant des déchets solides et participant à la pollution de l’air et de l’eau. Cette taxe sera calculée sur la volume de déchets produits. Cela devrait profiter aux sociétés spécialisées dans les technologies environnementales. La Chine est ainsi devenu le premier marché émergent à investir en termes de solutions environnementales (60,7 milliards de dollars en 2016).
 
 
►„ Une consolidation sectorielle
 
En Chine, environ 50% des usines de traitement des eaux et des déchets appartiennent aux municipalités locales. L’endettement de ces dernières les conduit à vendre ces actifs à des sociétés privées. D’autres raisons les poussent également à cette privatisation. Notons ainsi qu’ en laissant les entreprises privées gérer seules les opérations liées à la gestion des réseaux, à la distribution de l’eau et au traitement des déchets, elles sont plus à même de se concentrer sur la supervision de leur collectivité. Par la même occasion, elles se désendettent en laissant les sociétés privées assumer la modernisation des installations. Le secteur en profite aussi, l’efficience opérationnelle de ces actifs étant améliorée par une moindre bureaucratie.
 
Avec de telles acquisitions, les acteurs privés de taille importante consolident le marché et deviennent des géants du secteur. Cette consolidation est donc l’âge d’or des grandes sociétés opérant sur ce marché.
 
 
►„ Quand la Chine envoie un signal fort en matière de lutte contre la pollution
 
Dans son plan quinquennal de 2016, le gouvernement chinois envoie un signal fort pour la conservation de l’environnement et la réduction de la pollution, en allouant 650 milliards de yuans au traitement des déchets et à la construction de réseaux d’eaux usées.
Parallèlement, le congrès national populaire a adopté, fin 2016, la première taxe sur la protection de l’environnement. Celle-ci taxe devrait croître de 17%, augmentant corollairement le chiffre d’affaires de l’industrie du traitement des déchets et de l’eau.
Ainsi, malgré l’incertitude économique de la Chine, les secteurs de l’eau et de l’environnement y connaissent la plus forte croissance dans la région asiatique.
 
 
Bastien Commet, Analyste

Les commentaires correspondent à l’opinion de l’auteur au 26/09/2017 et sont susceptibles d’évoluer en fonction des conditions de marché et d’autres événements. Ce document est fourni à titre d’information uniquement et ne constitue pas une recommandation d’achat ou de vente. Il a été établi sur la base d'informations et comporte une part de jugement subjectif. Nous attirons votre attention sur le fait que les informations contenues dans ce document peuvent n’être que partielles. Toute reproduction partielle ou totale des informations ou du document est soumise à une autorisation préalable de montbleu finance.