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Histoire et présentation de l’entreprise

Issu du rachat en 2008 du brasseur américain Anheuser-Busch par le Belgo-Brésilien Inbev, AB Inbev occupait, dès ce moment-là, la première place du marché brassicole mondial. Mais le groupe ne fut pas rassasié pour autant. Il ne restait, à l’époque, plus qu’un seul véritable concurrent au niveau mondial : SABMiller qui comptait plus de 200 marques de bières dans son portefeuille dont les plus connues sont Grolsch (Pays-Bas), Peroni (Italie), Miller (Etats-Unis) ou encore Foster’s (Australie) et qui commercialisait 324 millions d’hectolitres de bières, alcools et softs confondus à travers le monde. Son chiffre d’affaires s’élevait à 26Md$ tout comme son principal concurrent AB Inbev.
AB Inbev et SABMiller, respectivement numéro 1 et 2 mondiaux, finirent par conclure un accord de principe en octobre 2015 portant sur la reprise de SABMiller par la première sur la base d’une valorisation boursière de 100Md$. Ceci en fait la troisième plus grosse fusion/acquisition de tous les temps.
Dorénavant, AB Inbev est incontestablement le plus grand groupe brassicole au monde avec 30% de parts de marché, loin devant ses confrères Heineken (9%) et Carlsberg (6%). Il représente aussi l’un des cinq plus grands groupes de produits de consommation au monde.

En 2018, AB Inbev a réalisé un chiffre d’affaires de 46Md€ et un résultat opérationnel de 14,5Md€, soit une marge de 31%. Le groupe emploie 183 000 collaborateurs à travers le monde, détient plus de 500 marques de bières en portefeuille et a écoulé près de 610 millions d’hectolitres en 2018.
Le groupe est principalement présent en Amérique où il réalise la majorité de son chiffre d’affaires (67%). En revanche, les activités sont encore assez peu développées en Asie-Pacifique qui représente seulement 14% de ses ventes.

Parmi l’ensemble des marques les plus emblématiques qui composent le portefeuille du groupe, nous pouvons citer Budweiser, Corana ou encore Stella Artois.

 

Un management hors pair

Directeur général de l’entreprise Ambev, Carlos Brito fut ensuite nommé directeur opérationnel de InBev, puis président-directeur-général de la nouvelle entité Anheuser-Busch Inbev en 2008, un poste qu’il occupe toujours à l’heure actuelle.
Ce diplômé de Stanford, qui avait fait ses débuts chez Shell et Daimler, jouit d’une expérience de plus de 30 ans dans le secteur de la bière. Il a su faire du groupe un véritable géant du secteur brassicole grâce à deux méga acquisitions, celles d’Anheuser-Busch et de SABMiller. De toutes les multinationales du secteur des biens de consommation, comme Nestlé, Coca-Cola ou encore Procter & Gamble, AB Inbev est clairement la plus rentable.
Depuis sa nomination à la tête de ce mastodonte, Carlos Brito est parvenu à sensiblement améliorer la situation financière du groupe. Entre 2004 et 2018, le chiffre d’affaires du brasseur a pratiquement quintuplé (47Md€), tout comme sa rentabilité brute opérationnelle (19Md€).

Evolution du chiffre d’affaires en millions d’euros :

En outre, durant cette période, Carlos Brito est parvenu, d’une part, à réduire drastiquement les coûts sans empêcher le développement du groupe, et d’autre part, à diminuer sensiblement l’endettement tout en multipliant les acquisitions.
Cette stratégie agressive de réduction des coûts, menée de belle manière par Carlos Brito, a permis au groupe de maintenir une longueur d’avance par rapport à ses principaux concurrents et à disposer d’une puissance financière inégalée dans le secteur.

 

Le marché et ses perspectives

Après 28 années consécutives d’augmentation, la consommation annuelle mondiale de bière ralentit depuis quelques années pour atteindre 196,2Md€ en 2017 contre 197Md€ en 2012. Les consommateurs changent peu à peu leur fusil d’épaule pour s’orienter vers des bières haut de gamme et de meilleures qualités. Ainsi, ce segment de niche devrait connaître une croissance de l’ordre de 19% sur les 13 prochaines années alors même que le marché global de la bière devrait rester relativement stable. Par ailleurs, la bière est l’une des catégories du segment premium le moins premiumisé et représente donc un potentiel de croissance important :

Aussi, le nombre de bières premiums commercialisées dans les marchés émergents est très faible. Un pays comme la Chine, premier consommateur de bière au monde, offre un levier de croissance considérable puisque les bières premiums y sont très peu développées. Ce segment de marché représente seulement 10% des ventes du groupe, un chiffre qui devrait sensiblement augmenter les années à venir.

 

Enfin, la bière est une boisson à base d’ingrédients naturels, fabriquée selon un processus naturel. Et la possibilité de produire des bières à 0% d’alcool ouvre de nombreuses opportunités. Les consommateurs sont de plus en plus friands de boissons saines et seraient à même de se tourner vers des bières sans alcool.

Cette catégorie n’a représenté que 8% du chiffre d’affaires du groupe en 2018. La direction compte donc se focaliser davantage sur ce segment afin de tirer entièrement partie des tendances santé et bien-être. Ce développement devrait permettre à AB Inbev de réaliser 25% de ses ventes par le biais des bières sans alcool d’ici 2025.

 

Le cas d’investissement

Le marché ne semble pas intégrer l’ensemble des leviers de croissance dont dispose le groupe et valorise le titre à seulement 17x les bénéfices 2018, contre 20x pour Heineken et 21x pour Carlsberg. Cela est d’autant plus étonnant que la rentabilité du groupe est deux fois supérieure à celles de ses deux principaux concurrents. De plus, grâce à une puissance financière sans pareille, AB Inbev maintient confortablement une longueur d’avance face à ses confrères. Pour rappel, la taille du groupe est respectivement deux fois et huit fois supérieure à celles d’Heineken et Carlsberg.
Certes, l’endettement du groupe est plus élevé à cause de l’acquisition récente de SABMiller. Cependant, lorsque nous analysons plus en détail la dette du groupe, celle-ci apparait tout à fait raisonnable. En effet, le plus gros brasseur au monde détient suffisamment de trésorerie pour payer les échéances des 5 prochaines années. Aussi, la dette est composée principalement de taux fixe (94%). Le groupe est donc couvert face à une remontée des taux d’intérêts. Enfin, AB Inbev a généré lors des derniers exercices 10Md€ de cash-flow libre, un chiffre amplement suffisant pour rembourser les échéances à venir.

Nous estimons donc que le géant brassicole dispose d’une taille suffisante pour exploiter pleinement les nouveaux relais de croissance du marché de la bière. Le titre constitue à nos yeux un investissement intéressant compte tenu de sa valorisation attractive, de son profil unique sur le segment de la bière et de sa suprématie face aux concurrents.

 

Vladimir PANIER – Analyste

Source : Montbleu Finance