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Quelques nouvelles de La Française de l’Energie, une entreprise sur laquelle nous nous sommes renforcés en début d’année après avoir initié la position en novembre 2017.

Nous avons eu l’occasion le 12 février dernier de revoir l’équipe dirigeante, constituée de Julien Moulin, président, Antoine Forcinal, DG délégué et Olivier Friedrich, directeur financier arrivé en aout 2018 dans la société, connaissant déjà très bien l’entreprise. Il était auparavant chez Ernst & Young à Strasbourg, et travaillait pour la Française de l’Energie dans le cadre de ses missions d’audit.

Cette réunion fut l’occasion de nous conforter dans notre vision positive de la société, et donc de renforcer notre position. 2019 devrait être une année riche en bonnes nouvelles pour la société.

Rappelons en quelques mots l’activité de la Française de l’Energie. Fondée en 2007, cette entreprise de 18 personnes capte et valorise localement le gaz issu des mines et veines de charbon, bénéficiant d’un monopole d’exploitation sur 3 zones d’activité :

  • Hauts-de-France (confirmé par la loi Hulot en décembre 2017)
  • Grand Est, en Lorraine précisément (confirmé aussi par la loi Hulot)
  • Anderlues en Belgique (décret de mai 2018)

Pipelines conduisant du gaz provenant d’un ancien puits de mines de la société Gazonor

Cette entreprise, née de la reprise d’une activité des Charbonnages de France, bénéficie de barrières à l’entrée élevées, à vrai dire infranchissables. Premier producteur de gaz en France, la Française de l’Energie a pour objectif de substituer une partie du gaz importé dans notre pays par un gaz issu du charbon produit localement et valorisé par circuits courts. Bénéficiant d’une obligation d’achat pendant 15 ans, la société valorise aujourd’hui ce gaz en le vendant directement à Total ou en produisant de l’électricité qu’elle vend à EDF.

Près de 7M€ de CA auprès de 2 clients

En France, la consommation nationale annuelle de gaz s’élève à environ 40 milliards de m3 (environ 15% dans la consommation énergétique, en croissance dans le mix), et nous importons plus de 99% du gaz que nous consommons. Celui-ci provient principalement de Norvège (43% des entrées brutes de gaz en 2016), de Russie (21%), des Pays-Bas (11%) et d’Algérie (10%). Notons qu’en 2016, les volumes de gaz russe importés par la France avaient augmenté de 65% par rapport à 2015. A l’échelle européenne, la Russie comptait en 2016 pour 40,2% des importations gazières de l’UE (24,9% pour la Norvège). Autre donnée importante : le champ gazier de Groningue, le plus important gisement d’Europe occidentale découvert en 1959 aux Pays-Bas, devra cesser totalement l’extraction de gaz naturel avant 2030, pour des raisons de risque sismique et de glissement de terrain. Sa production est déjà passée de 42,5 milliards de m3 en 2014 à 21,6 milliards en 2017, et va continuer de diminuer fortement jusqu’en 2030. Cette donne voit l’offre locale diminuer petit à petit et fait prendre de la valeur au gaz domestique.  

La France tâche de diversifier l’origine de ses importations pour limiter les conséquences d’aléas techniques ou politiques éventuels. Les importations sous forme de GNL (24,4% des importations françaises de gaz naturel en 2017 selon BP) offrent à la France la possibilité de s’approvisionner auprès de nombreux producteurs (Algérie, Nigéria, Qatar, etc.) en acheminant du gaz jusqu’aux terminaux méthaniers, indépendamment du réseau existant de gazoducs.

L’utilisation du gaz de charbon est encore relativement méconnue mais les ressources prospectives certifiées dans le Nord et l’Est de la France sont estimées à plus de 6 années de consommation nationale.

Par ailleurs, il est important de noter que le gaz présent dans les mines de charbon du Nord et de la Lorraine est d’une très bonne qualité (teneur en méthane plus élevée), souvent meilleure que le gaz importé – notamment le GNL issu du gaz de schiste américain– pour un cout presque 20% moins élevé, grâce aux économies faites sur le transport et le stockage.

Ce gaz a donc une emprunte carbone bien plus faible (« 10 fois moins ») que le gaz entrant dans le mix énergétique français. Pour ces raisons, La Française de l’Energie a toute sa place à nos yeux dans une transition énergétique intelligente en France et en Europe.

 

Bien positionné et ambitieux, Julien Moulin vise en France une part de marché de l’ordre de 5% en 2025. Cela risque de prendre du temps mais nous y croyons.

Revenons désormais à l’actualité récente de la société, par zone d’activité :

  • Hauts de France

En 2017, la société avait déjà fait certifier par un expert indépendant la présence de plus de 9 000 millions de mètres cubes de gaz sur la zone Hauts-de-France (elle en exploite actuellement moins de 60 millions). Une autre campagne de certification a été menée récemment dans les Hauts-de-France. Nous attendons une communication du groupe à ce sujet au cours des mois qui viennent, qui pourrait révéler des réserves prouvées et probables plus conséquentes encore.

  • Grand Est

De même, en novembre 2018, la société a fait certifier les réserves probables (2P) en Lorraine, évaluées à plus de 2 100 millions de m3 par MHA Petroleum. Ces réserves 2P ont augmenté de 171% en 2 ans. Pour le moment, l’entreprise ne réalise aucun chiffre d’affaires sur la zone. Elle est en train de finaliser le test de production, par la déshydration des charbons sur le site de Lachambre afin de déterminer le palier maximum de production. Nous savons déjà que le gaz y est très riche en méthane (96%).

En parallèle, le 28 novembre 2018, l’entreprise a fait une demande de concession jusqu’en 2040 pour la mise en production exclusive de gaz provenant des charbons lorrains.

  • Belgique

Au-delà des frontières, Julien Moulin consacre beaucoup de temps à développer l’activité en Belgique, dans la région d’Anderlue, dans la continuité des Hauts de France. Après avoir obtenu l’année dernière du gouvernement wallon l’octroi d’un permis exclusif d’exploitation de gaz combustible pour une période initiale de 20 ans, le groupe fait certifier des réserves dans la région d’Anderlues, et communiquera à ce sujet d’ici fin avril 2019. Il table déjà sur 200 à 300 millions de m3 d’un gaz à haut pouvoir calorifique, d’une teneur en méthane de 94% au moins.  Sur un plan opérationnel, le groupe livrera deux premiers moteurs de 1,5MW en mars prochain à Anderlues pour les déployer dans les mois qui viennent.

Le président de La Française de l’Energie est encore en négociations pour déterminer les termes du contrat de fourniture d’électricité et de gaz à Anderlues. En parallèle, il travaille activement avec la Commission Wallonne pour l’Energie sur l’obtention de certificats verts qui, en Belgique, valorise les économies d’émission de CO². Les filières de production d’électricité verte ne produisent globalement pas (ou peu) d’émissions de CO2 et ne participent donc pas à l’augmentation du réchauffement climatique. Pour soutenir cette production d’électricité verte, la région wallonne a ainsi mis en place ce système de certificats verts, une rentrée financière supplémentaire pour les producteurs d’électricité verte. Ces certificats verts à obtenir viendraient s’ajouter au prix de vente marché (proche de 45€/MWh en février 2019) à hauteur maximale de 65€/MWh. Du bonus !  Julien Moulin et Antoine Forcinal espèrent pouvoir lancer la production en Belgique d’ici juin 2019.

 

Sur un plan financier, le groupe a réalisé sur son exercice clos fin juin 2018 un CA de 6,6M€ de CA, en croissance de 81% par rapport à l’exercice précédent, et un résultat opérationnel négatif de -2,8M€. Au cours du dernier exercice, le groupe a subi des maintenances exceptionnelles sur le site d’Avion dans les Hauts-de-France, afin de remplacer 3 vieux moteurs. Ces surcouts liés au remplacement de ces équipements ne sont pas récurrents et ne se produiront pas cette année. Hors couts exceptionnels et retraitements comptables, le résultat opérationnel s’élevait à -338K€, soit une progression de 1,6M€ sur un an. Sur l’exercice en cours, le groupe devrait franchir son seuil de rentabilité, avec un CA de l’ordre de 9M€, en croissance attendue de plus de 35% vs 2018.

Avec le remplacement terminé des moteurs à Avion qui permettent de passer de 60% de capacité en 2017/2018 à environ 97% dès cette année, Julien Moulin peut garantir qu’avec les 4 sites de Hauts de France (Avion, Divion, Lourches et Lens), la Française de l’Energie est aujourd’hui en mesure de dégager un CA de 10M€ minimum en année pleine (sans compter le CA que pourraient générer la Lorraine et la Belgique). Pour l’exercice 2020/2021, l’équipe dirigeante confirme ses objectifs de CA annuel de 35M€ et de marge d’EBITDA supérieure à 45%.

Nous apprécions particulièrement cette entreprise pour son positionnement exclusif et pertinent, pour son équipe dirigeante compétente et pleinement engagée, ainsi que pour sa visibilité en termes de génération de cash-flow et sa forte rentabilité à venir.

 

Charles Poinsinet de Sivry

Source : Montbleu Finance